Ouyahia met en garde contre les “dérapages”, évoque la possibilité d’un amendement “radical” de la Constitution

auteur: mayar.m

La Conférence nationale de consensus, que le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, s’est engagé à organiser, en cas de sa réélection, lors de la prochaine présidentielle, sera une “première dans l’histoire de l’Algérie”, a affirmé lundi à Alger, le Premier ministre, Ahmed Ouyahia.

M. Ouyahia, qui présentait devant l’Assemblée populaire nationale la déclaration de politique générale du Gouvernement, a rappelé que le chef de l’Etat s’était engagé dans son message de candidature à la présidentielle du 18 avril prochain à organiser une conférence nationale de consensus, soulignant que cette conférence “sera une première dans l’histoire de l’Algérie”.

La Conférence nationale de consensus que le président Bouteflika, dans sa lettre de candidature à l’élection présidentiel, s’est engagé à convoquer s’il était réélu pour un autre mandat, M. Ouyahia a précisé que cette conférence serait “une première dans l’histoire de l’Algérie”, qu’elle serait ouverte à “tous” et constituerait un espace pour faire des propositions en vue “d’opérer un changement dans le pays, y compris à travers un amendement de la Constitution pouvant être radical”.

“C’est une main tendue sincèrement par le président Abdelaziz Bouteflika” aux forces politiques, sociales et économiques du pays “sans exclusion” afin de “débattre librement, de dégager une plateforme politique, économique et sociale, et de proposer aussi une réforme constitutionnelle à la hauteur de leurs attentes”, a-t-il ajouté.

“Nous pouvons être d’accord, comme nous pouvons diverger, mais nous sommes tous les enfants de l’Algérie qui a souffert de la tragédie et l’Algérie est en droit aujourd’hui de vivre en paix et dans la stabilité, le peuple algérien ne doit pas perdre les fruits de la stabilité qui est le résultat de sa volonté lorsqu’il a choisi la paix et la réconciliation nationale”, a-t-il  souligné.

Dans son argumentaire en faveur de cette conférence, M. Ouyahia a expliqué  que face aux défis et aux  enjeux, l’Algérie est interpellée pour  “redoubler d’efforts et approfondir ses réformes”, à travers une “jonction  féconde des énergies (…), dans le respect des diversités d’opinions”.

L’Algérie a connu une “véritable renaissance” ces vingt dernières années  

Enumérant les défis et enjeux auxquels l’Algérie est confrontée, il a cité, au plan interne, “l’importante progression” réalisée dans le domaine  du développement, notamment humain, les “ambitions légitimes” des jeunes générations, les “exigences intégrales” d’un Etat de droit et de démocratie pluraliste, ainsi que la nécessité de développer davantage une économie diversifiée et compétitive, fournissant à l’Etat les ressources nécessaires pour la pérennité de la politique nationale de justice sociale et de solidarité nationale.

Au plan externe, le Premier ministre a mentionné l’instabilité, les foyers de tension, de terrorisme et de crime transnational qui persistent dans le voisinage immédiat, ainsi que les incertitudes qui pèsent sur l’économie mondiale en général et les facteurs de bouleversement qui s’accumulent sur le marché international des hydrocarbures.

Passant en revue l’état de mise en œuvre du programme du président Bouteflika pour la période 2014-2018, M. Ouyahia a affirmé qu’il est marqué par des “avancées majeures dans tous les domaines” grâce à “la continuité et la persévérance dans la démarche”.

Le Premier ministre a évoqué aussi une “véritable renaissance nationale”  au cours de ces 20 dernières années. La déclaration de politique générale du gouvernement livre une somme “impressionnante” de données sur les réalisations accomplies, qui ont “profondément” transformé le pays, a-t-il dit.

“Les réalisations physiques des vingt dernières années sont le fruit d’une  véritable entreprise de reconstruction nationale d’un pays mis à genou par une grave crise économique, mais aussi terriblement frappé par une tragédie nationale sanglante”, a-t-il soutenu.