Prélèvement d’organes sur personnes décédées: la seule solution pour le développement de la greffe

Le prélèvement d’organes sur personnes décédées demeure “la seule et la plus efficiente” solution pour le développement des greffes en Algérie, a affirmé, samedi à Alger, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Mohamed Miraoui, insistant sur la finalisation du cadre réglementaire fixant les prérogatives de l’Agence nationale des Greffes (ANG).

S’exprimant lors d’une journée d’évaluation de la transplantation d’organes en Algérie, le ministre a soutenu que l’activité de transplantation à partir de personnes décédées “doit être développée” dans le pays, étant donné qu’elle reste “l’unique et la plus efficiente solution pour répondre aux attentes des patients que la faible cadence des greffes ne permet pas de satisfaire actuellement”.

Ceci, a-t-il ajouté, d’autant plus que “la liste d’attente de greffes ne cesse de s’allonger”, encourageant la population à la culture du don d’organes, dés lors que le prélèvement sur personnes décédées, ou en mort encéphalique, se fait “dans le respect des préceptes religieux”, a-t-il assuré.

“Afin de booster l’activité des transplantations en Algérie, le ministre a exhorté les responsables de l’Agence ad-hoc à “la finalisation, sans délais, du cadre réglementaire fixant les prérogatives” de celle-ci, à travers la “modification” du décret portant sa création et ce, conformément aux dispositions de la nouvelle loi sanitaire.

Outre l’aspect juridique, M. Miraoui a souligné le rôle des chefs d’établissements et des équipes hospitalières formées ainsi que la nécessaire organisation au niveau local et national, l’aspect lié au financement incombant à l’Agence des greffes, laquelle se doit de mettre en place un plan quinquennal impliquant les sociétés savantes et les associations de malades.

Le ministre a tenu, en outre, à rappeler les principales décisions prises dans le domaine des greffes d’organes à savoir l’”obligation de déclaration” de la mort encéphalique, la désignation d’un Coordinateur national de suivi et de recensement des candidats potentiels au prélèvement”, ainsi que la mise en place de la Stratégie nationale de gestion de la banque de tissus et de la Liste nationale d’attente (LNA).


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Cette dernière concerne les candidats potentiels à la greffe (prélèvement sur vivant et décédé) durant le dernier trimestre 2019 dans le cadre de l’opérationnalité du système d’information de greffe d’organes (SIGO), a-t-il détaillé, l’objectif étant d’”assurer les activités de prélèvement multi-organes”.

Créée en 2012 et opérationnelle depuis 2015, l’ANG a pour principale mission “la coordination” des efforts entre les différents intervenants du domaine de la transplantation et de greffe d’organes et à en “évaluer périodiquement” l’activité. Des missions qui, selon le ministre de la Santé, requièrent des “défis” sur les plans technique, médical, organisationnel et financier.

 

                                                                                                                                                   Prés de 400 greffes effectuées en 2019

 

Depuis 2016, l’on dénombre 962 greffes rénales réalisées en Algérie, dont 151 en 2019 et 02 seulement sur personnes décédées, alors que 27 greffes hépatiques ont été pratiquées dont 06 en 2019 et une (01) seule sur une personne en mort encéphalique, a fait savoir le directeur de l’ANG, Mohamed Bourehla, lors de la même rencontre.

En outre, 1161 greffes de cellules souches et hématopoïétiques (SCH) ont été pratiquées durant la même période de référence, dont 272 en 2019 ainsi que 1225 greffes cornéennes, dont 240 en 2019.

Le même responsable a rappelé l’existence de 38 centres autorisés à effectuer des prélèvements et des greffes, dont 14 dédiés aux greffes rénales (12 opérationnels), 14 autres aux greffes cornéennes, 7 autres aux greffes de cellules souches et hématopoïétiques (SCH) et enfin, 3 aux greffes hépatites.